Comment recevoir et envoyer une facture internationale ?

par | Jan 12, 2025 | E-invoicing | 0 commentaires

🟡 Le saviez-vous ? Votre plateforme risque de vous bloquer à l’international.

En 2025, seule une minorité de plateformes agréées sont vraiment compatible avec les réseaux d’échange internationaux. Sans une solution capable de s’adapter aux différents standards internationaux, vous prenez un risque sérieux en recevant ou envoyant une facture B2B internationale.

Comment recevoir et envoyer une facture électronique internationale ?

 

Les règles de facturation sont encadrées, dès lors qu’une facture, constitue dans la plupart des cas une justification formelle de la TVA déductible.

Cet article explore les difficultés techniques de facturer vers un client étranger, ou de traiter une facture reçue d’un fournisseur étranger, telles qu’elles résultent des spécifications techniques françaises. Pour autant, cet aspect technique se juxtapose aux obligations fiscales et aux obligations issues de la réglementation économique. 

 

❌ Recevoir une facture d’un fournisseur étranger : Incompatibilité technique

Un format XML non conforme à la norme française ne respecte pas la structure de données que peut traiter votre plateforme agréée (PA).

Résultat :

  • Les champs (TVA, SIRET, total HT/TTC…) peuvent être absents ou mal interprétés.

  • Les systèmes ne savent pas où lire l’information, ce qui empêche le traitement automatique.

🧩 Absence d’interopérabilité

Le fichier XML peut être valide dans son pays d’origine (ex. UBL non aligné), mais incompréhensible pour le système français qui attend une correspondance exacte avec la norme EN 16931 (contenu sémantique et structure).

⚠️ Conséquences concrètes :

  • Rejet de la facture par la plateforme agréée.

  • Obligation de traitement manuel, ce qui fait perdre les gains d’automatisation.

  • Obligation de s’équiper d’une solution supplémentaire afin de réaliser vos e-reporting,
  • Risques fiscaux, car la facture n’est pas considérée comme conforme aux exigences de l’administration française.

👉 C’est pourquoi les formats doivent être normalisés et validés via les schémas XSD/CIUS de la réforme. 

Voici un tableau synthétique des formats XML et leur compatibilité avec la réforme française de la facturation électronique :

Format XML Norme associée Compatible France (PPF/PDP) Commentaires
Factur-X EN 16931 + PDF/A3 ✅ Oui Format hybride recommandé par la DGFIP
UBL 2.1 (PEPPOL BIS) EN 16931 (profil européen) ✅ Oui Compatible si conforme au profil français PEPPOL BIS 3.0
UBL (hors PEPPOL) UBL national ou privé ❌ Non Rejet probable sans alignement avec la norme EN 16931
CII (Cross Industry Invoice) UN/CEFACT + EN 16931 ✅ Oui Supporté par les PDP, mais plus complexe à manipuler
XML propriétaire (ERP, éditeurs) Aucune norme reconnue ❌ Non Nécessite une conversion complète pour être accepté

📌 Important : Même un fichier en UBL 2.1 peut être rejeté s’il ne suit pas le profil PEPPOL/EN 16931 (ex : champs mal nommés, taxonomie incorrecte…).

❌ Emettre une facture électronique vers un client  étranger : Mêmes difficultés de son côté

Votre client recevra une facture XML conforme à la réforme française mais non conforme à la norme de son pays. Sa solution de facturation électronique ne sera pas en capacité de la lire parce qu’elle ne respectera pas la structure de données que peut traiter son logiciel.

Résultat :

  • Les champs (TVA, SIRET, total HT/TTC…) peuvent être absents ou mal interprétés.

  • Les systèmes ne savent pas où lire l’information, ce qui empêche le traitement automatique.

 

⚠️ Conséquences concrètes :

  • Factures émises non traitées par votre client étranger, il vous demandera probablement un lisible afin de pouvoir la traiter ou rien du tout afin d’avoir une « bonne excuse » de ne pas payer,

  • Manquement dans les données de TVA, car vos systèmes ne reconnaissent pas les champs structurels obligatoires, votre client a alors des difficultés pour l’autoliquidation et/ou la déduction de la TVA,

  • Non‑respect de l’e‑reporting, exposant à des sanctions ou audits fiscaux en cas d’échange hors format réglementé.

🌍 En France : les spécifications techniques

 

1. 📘 Le cadre sémantique : la norme EN 16931-1+A1

La norme européenne EN 16931 définit les données obligatoires à intégrer dans une facture électronique conforme :

  • Un modèle de données sémantiques (core invoice) structurant les éléments (BT/BG) : numéro facture, date, TVA, lignes, montants, etc.;

  • Des règles de validation obligatoires, sauf pour les extensions nationales comme le profil EXTENDED‑CTC‑FR (pour la France)

EN 16931 est le référentiel exigé par la directive européenne VAT in the Digital Age (ViDA) et constitue la base des formats UBL et CII.

2. 🔧 Syntaxes supportées : UBL(via OSIRIS), CII, Factur‑X

Trois syntaxes XML sont reconnues conformes :

  • UBL (Universal Business Language) : format international développé par OASIS, largement utilisé dans le réseau Peppol BIS Invoice 3.0.

  • CII (Cross Industry Invoice / UN/CEFACT) : standard ISO structurant les échanges inter-industriels, également supporté par Factur‑X.

  • Factur‑X : format hybride (PDF‑A3 + XML embarqué) conforme EN 16931 ou profil EXTENDED‑CTC‑FR, idéal pour compatibilité humaine et machine.

Le schéma OSIRIS (Open Standard for Invoice Semantic Representation) permet l’alignement sémantique des données Factur‑X/CII avec EN 16931/B2B flows.

🌍 En Europe : vers l’harmonisation

 

Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Slovénie et Suède. Ce sont les 27 Etats membres de l’Union européenne. La Commission européenne a pensé la Directive VAT in the Digital Age pour faciliter les échanges entre les entreprises de ses différents pays. Découvrez comment.

🔧 Norme EN 16931

C’est la norme de référence pour la facturation électronique européenne. Elle définit le contenu minimal (TVA, SIREN, échéance, etc.) et assure l’interopérabilité entre systèmes publics et privés.

🌐 Réseau PEPPOL

Utilisé par plus de 30 pays, PEPPOL est un réseau sécurisé qui repose sur :

  • des points d’accès certifiés,

  • le format UBL (Universal Business Language),

  • et les protocoles AS4 / SML / SMP.

C’est ce réseau qui garantit que vos factures seront lisibles par vos partenaires européens.

 

🌎 États-Unis et Canada : DBNAlliance

 

🛰️ Qu’est-ce que le DBNA ?

 

Le Digital Business Network Alliance (DBNA) est un réseau d’échange B2B nord-américain. Il permet aux entreprises d’échanger des factures électroniques au format UBL 2.x via un modèle « four corners » similaire à PEPPOL.

  • Supporte EIN, DUNS, GLN comme identifiants.

  • Utilise AS2/AS4 et une architecture proche de PEPPOL.

  • Spécifiquement conçu pour les États-Unis et le Canada.

🤝 Accord France-USA sur UBL 2.1

En 2024, un accord a été envisagé entre la France et l’administration Biden pour aligner les échanges via le format UBL 2.1, facilitant ainsi la compatibilité entre PEPPOL et DBNA.

Objectif : garantir des flux interopérables entre partenaires transatlantiques.

⚠️ Avec le changement de présidence américaine, l’avenir de cet accord reste incertain. Nous suivons l’actualité pour vous tenir informés.

📄 Formats de facture à connaître

Format Utilisé par Particularité
UBL Europe, US (DBNA) XML structuré, compatible ERP
CII ONU, Allemagne Facture multi-secteurs, complexe
Factur-X France, Allemagne Hybride PDF/XML, accepté par la réforme

Une PDP compétente doit pouvoir lire, convertir et transmettre ces formats selon les obligations du pays destinataire.

🧭 Pour être techniquement conforme : checklist

Élément technique Exigence
Support EN 16931 core invoice Obligatoire pour tous les échanges intra‑UE
Syntaxes retenues UBL (Peppol BIS) et/ou CII (via OSIRIS ou Factur‑X)
Profil national (France) EXTENDED‑CTC‑FR si mentions spécifiques requises
Support Peppol BIS Invoice 3.0 Nécessaire pour échanges UE sécurisés
Capacité e‑reporting (DBNa) Transmission automatique des métadonnées à la DGFiP
Archivage structuré Données conservées en XML/DB, traçabilité 10 ans

✅ Comment choisir votre plateforme internationale

  • Vérifiez ses agréments par les différentes administration fiscales. Attention : beaucoup de solutions se revendiquent Access Point Peppol et pour autant ne sont pas agréées par les administrations fiscales des Etats membres dans lesquelles elles disent intervenir. Astuce : les plateformes qui ne figurent pas sur notre page les plateformes ne sont pas agréées. Nous les remettons à jour chaque semaine.

  • Vérifiez sa capacité à gérer d’autres formats que les formats français.

📝 Synthèse

Pour les échanges internationaux B2B seule une plateforme compatible avec les normes des différents pays européens voire de d’autres pays du monde garantit la conformité et l’interopérabilité.

📝 Bon à savoir

Les factures internationales ne concernent pas que les grandes entreprises. Vous avez un e-commerce, vous vendez à des particuliers domiciliés dans d’autres Etats membres de l’Union européenne, vérifiez à minima que votre plateforme est capable de gérer les taux de TVA des 27 Etats membres de l’Union europénne.

à chaque entreprise, sa plateforme idéale.

Afin d’être immatriculées par l’administration fiscale, les PDP doivent observer un socle de critères communs. Toutefois, chaque PDP a développé ses propres spécificités, plus ou moins adaptés à votre business.